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Si je pouvais juste m'écouter

Mis à jour le 5 juillet 2021

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Estelle - Jour J

Comment lui faire comprendre que ça ne pouvait plus durer comme ça ? Elle avait passé l’après-midi chez sa copine Julia avec leurs enfants. Elle s’était régalée avec un super goûter. Julia avait tout préparé pour que le goûter soit copieux. Mais comme d’habitude, Julia était restée dans sa cuisine à concocter les smoothies, les petits biscuits…


Bref, Estelle n’avait même pas réussi à lui parler. Heureusement que Sabine était aussi de la partie. Elles avaient pu se poser tranquillement dans le jardin toutes les deux et passer un moment entre filles. Quand Estelle partit, elle ne sut que dire à Julia “ton goûter était excellent, on a passé un chouette moment.”


Mais elle voulait changer. Elle ne pouvait plus lui mentir.


Julia, quelques jours avant

Elle avait invité un couple d'amis et leurs enfants. Juste une simple invitation. Un repas tranquille ce week-end. Qu’allait-elle leur préparer ? Son mari avait proposé un barbecue ou des croques monsieurs… Une blague !


Non, elle se devait de cuisiner un bon plat. En plus, ses amis les avaient invités chez eux un mois plus tôt. Donc, c’était normal de bien les recevoir et de leur faire un repas parfait en retour.


Alors, elle réfléchit, réfléchit encore.


Et si elle invitait d’autres amis en même temps. Ça serait plus chouette, et eux aussi, elle devait les inviter. Elle passa sa soirée à réfléchir ou plutôt à se torturer l’esprit.


Le lendemain, elle demanda à son mari : “qu’en penses-tu ? J’invite les autres amis ? Mais en même temps, ça me fera beaucoup de travail, mais je veux aussi les inviter, ça sera fait comme ça.”

Son mari lui dit seulement : “fais comme tu le sens, c’est toi qui veux les inviter.”


La semaine se déroula anxieuse, alors elle allait inviter les autres amis ou pas ? “Je verrai demain”, se dit-elle, en laissant passer les jours après les autres avec un poids dans la tête. Et puis en fin de compte, elle décida d’inviter aussi les autres amis. C'était plus fort qu'elle, il fallait le faire. Voilà, ça sera bien. Elle se sentait soulagée.


Jour J

Entre temps, des copines devaient venir prendre le goûter avec leurs enfants, Estelle et Sabine. Alors elle rangea la maison, rangea encore. Et oui, tout devait être propre. Elle se demanda quoi faire.


Ses amies lui avaient dit de ne pas se tracasser. On mangera des biscuits et des fruits. Mais pas possible ! Alors quand ses amies Estelle et Sabine arrivèrent, elle leur servit un succulent gâteau. Et puis pendant que les copines parlaient, elle était encore dans la cuisine à ranger, à préparer des smoothies spécialement pour tous les invités.


Ses copines avaient adoré mais elles lui avaient dit qu’elles ne l’avaient pas vue de l’après-midi.” Tu es toujours dans la cuisine à t’activer.”


“C’est normal, je dois leur faire un bon goûter,” se dit-elle, “”elles ne se rendent pas compte que ça demande du travail”. Son plaisir, c’était que ses invités mangent bien. C’était important. “ Ton smoothie était top, lui dit sa copine.” Bon ça voulait dire que l’après-midi s’était bien passé.


Le samedi suivant

Elle avait prévu une matinée à faire la cueillette des légumes dans une ferme avec ses enfants et son mari. Personne n’était réellement motivé. Encore une fois, elle organisait tout, le petit-déjeuner, les sacs pour les enfants, elle criait, pressait tout le monde. Elle était déjà épuisée.


Son mari, est-ce qu’il l’aidait au moins un peu ? Rien. Elle avait l’impression qu’il ne pensait qu’à lui. Mais quand même, il ne se disait pas que c’était important de faire une sortie pour les enfants. On ne pouvait pas les laisser toute la journée à la maison. Eux aussi avaient besoin de se défouler. Alors voilà, comme d’habitude, c’était elle qui devait tout faire. Elle réussit à faire en sorte que tout le monde soit dans la voiture. Ils étaient en retard mais ils pouvaient enfin y aller.


Le dimanche

Elle passa sa matinée en cuisine à préparer le repas pour tous ses invités. Elle s’était levée à 8 heures. Elle s’enferma dans sa cuisine. Elle avait prévu un repas élaboré qui nécessitait des heures de préparation. Epuisée, elle alla se doucher juste avant leur arrivée. Le repas se passa bien et déjà, elle était debout à ranger, laver, préparer le dessert. C’était normal sinon tout allait s’entasser sur le plan de travail. Pendant ce temps, les invités discutaient et passaient un bon moment. “Tout va bien”, se dit-elle,” la journée se passe super bien.”


Lundi matin

Sans comprendre, elle n’arriva pas à sortir du lit. Elle était bloquée au dos. Impossible de bouger. Non, se dit-elle, “je dois aller au travail, j’ai mille choses à faire, comment tout annuler ? Et le soir, elle avait prévu encore plein d’activités. Le médecin vint la voir. Elle devait aller chez l’ostéopathe. Elle appela Estelle qui lui conseilla une femme hyper efficace.


Chez l’ostéopathe

Elle venait de fondre en larmes. L’ostéopathe avait massé son dos, elle s’était sentie en confiance. Et elle lui avait parlé, parlé longuement. “Vous ne vivez pas Julia, vous faites toujours des choses. Mais c’est juste pour remplir votre vie de pseudo-obligations.”

- Mais je dois faire les choses, sinon rien n’avance.

- Pourquoi toujours cuisiner ? Pourquoi se torturer ? Vous vous obligez. Vous subissez vos vieilles croyances. Vous avez le droit de vous écouter. Une invitation ne devrait pas être une torture. Personne ne vient pour manger comme au restaurant. Le plus important est de passer un moment avec les personnes vraiment. Ce que vous ne faites pas. Est-ce que vous êtes heureuse en vous mettant dans cet état ?


Elle était effondrée. Son monde s’écroulait. Elle avait tout faux alors. Non elle était anxieuse, torturée, fatiguée. Elle n’était pas heureuse. Et en plus, elle avait mal partout.


-Mais je suis comme ça, si je ne fais pas tout ça, je ne serai plus moi-même. Je me sentirai coupable.

-C’est exactement ça, vous vivez dans le jugement, dans le regard des autres. Et vous alors, vous ne comptez pas ? Vous avez le choix, alors choisissez d’abord vous-même. Libérez-vous.

-Mais les autres devraient me comprendre. Mon mari ne m’aide pas. Il pourrait faire aussi.

-Vous imposez votre façon de faire à votre mari. Est-ce qu’il veut vivre comme ça lui ? Lui avez-vous demandé ?

-Non, mais je pensais qu'il était comme moi.

- Vous savez, vous allez apprendre à arrêter de faire. Commencez à être simplement ! Si quelque chose vous torture, ça veut dire que vous devez dire stop. Essayez.


Elle écouta et pour une fois elle écouta vraiment sans rien faire d’autre.


Estelle

“Je vais appeler Julia”, se dit-elle. Elle voulait être franche avec elle. Elle voulait aussi savoir si son amie allait mieux.

-Julia, tu es rentrée ?

-Oui, merci d’appeler.

-Je voulais te dire quelque chose, je pense que tu te mets trop la pression. Si tu lâchais prise, qu’en penses-tu ?

- Oui, tu sais, tu as raison. Merci ! j'ai eu un moment incroyable avec l'ostéopathe. J'ai compris que je m'infligeais des obligations, je me sens coupable, je vis pour les autres. J'impose ma pensée aux autres. Je m'oublie. Je ne pense pas à moi. Peut-être parce que ça me fait peur dans le fond. Je vais changer. Puis-je te demander quelque chose d’important ?

-Oui bien sûr

-Dis-moi le fond de ta pensée dorénavant. Ca va m’aider à aller mieux. J'ai ressenti comme un tiraillement au fond de moi. Je me suis écoutée et ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps.


Julia

Ce soir, sa soeur passait la voir juste après le travail.

- Ça te dit si on commande une pizza ? lui proposa-t-elle

- C’est génial, comme ça on se pose sur le canapé. J’ai envie de passer un moment avec toi et que tu m’écoutes un peu, lui répondit sa soeur.


Elle se coucha libérée. C’était si simple. Elle parla ensuite à son mari :” ce week-end, je sors avec les enfants, j’ai envie de les amener voir une exposition. Tu peux rester à la maison.” Il resta bouche bée.”

-Tu es sûre ?” lui demanda-t-il.

- Oui, je pourrai profiter avec eux et toi, tu auras du temps pour toi.

Elle prit ensuite sa to-do liste et raya toutes les personnes qu’elle devait inviter chez elle. “Dimanche, je vais courir un peu le matin”, lui dit-elle. Elle ressentait le besoin de penser à elle.


Et ça n’était que le début d’une nouvelle vie.



Image principale @ Mixkit - Supriya Bhonsle

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Écrit par Gwladys

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Vos avis

2 avis.

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invité_c796
(05/07/2021)

Effectivement , je suis comme Julia et j'aime recevoir la famille et les amis en me démenant pour préparer de bonnes choses , sachant que je peux compter sur l'aide de mon mari. Des années j'ai réussi à fonctionner de cette façon. Cette fois-ci l'âge me rattrape et mon mari n'a pas toujours l'humeur pour venir m'aider. Je suis comme Julia dans un état de stress qui me tient sur les nerfs pour travailler et ensuite les douleurs rhumatismales se réveillent.

A présent, je sens que je dois réfléchir plus sereinement pour donner une invitation . Au lieu de concocter plusieurs plats , je vais choisir 1 ou 2 dont je suis capable de réaliser seule, commander s'il faut pour compléter et je vais me rendre plus disponible pour mes invités.

J'ai compris que le plus important est de se retrouver avec les personnes que l'on aime car on ne les voit pas souvent et de partager avec eux nos expériences de la vie , nos difficultés ou nos attentes.

Merci pour cet article , Gwladys, Ça m'a bien fait réfléchir!!!!

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Gwladys
(06/07/2021)

Merci pour cette réflexion ! Oui, en effet pourquoi ne pas simplifier les obligations pour être vraiment présent. On s'impose des choses en imaginant ce que les autres vont penser ou alors parce qu'on a toujours été habitué à faire comme ça. On peut s'aimer tel qu'on est.

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