Myriam a fait une reconversion. Elle a réalisé son rêve, elle est devenue libraire.

Tu rêves de te reconvertir et de devenir libraire. Mais tu te dis que ça n'est pas pour toi.

J'étais comme toi et j'ai réussi à me lancer. Je te donne mes conseils - Myriam


Mon parcours


Après des études scientifiques, j’ai eu différentes expériences professionnelles dans le commerce agro-alimentaire. Suite à une première reconversion, je suis devenue aide de laboratoire dans un collège, où j’ai exercé pendant plus de 20 ans, faisant en sorte d’accompagner au mieux les élèves et les enseignants lors des manipulations en Travaux pratiques de sciences.

Il y a quelques années, j'ai commencé à me poser des questions sur mon avenir professionnel, ayant fait le tour de cette profession. J'ai toujours aimé l’objet Livre, lire pour découvrir de nouveaux horizons et partager ces lectures avec mon entourage.


Aussi, ne voulant pas dépenser de l’énergie dans le même domaine professionnel pour reprendre mes études, j’ai décidé de me reconvertir dans les métiers du livre.

A cette époque, je voulais déjà devenir libraire mais je n’osais pas me lancer dans cette aventure entrepreneuriale par souci financier et surtout manque d’audace et appréhension de quitter la fonction publique !

Je me suis donc orientée vers le monde de la bibliothèque et de la documentation pour pouvoir passer des concours plus rassurants.

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Comment ai-je fait pour démarrer ma reconversion ?



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D’abord, pour passer ces concours, il me fallait obtenir un bac+3. J'ai donc repris mes études : tout d’abord, j’ai obtenu sur 1 an une licence professionnelle des métiers du livre, que j’ai suivie à distance.

Tous les 2 mois, je passais 2-3 jours à l'université sur Clermont Ferrand pour suivre certains cours et le reste du temps, je devais étudier, rendre les devoirs à distance, n’ayant pas pu bénéficier d’un congé formation. Cela n’a pas toujours été simple de cumuler journée au travail et soirée aux études mais le résultat en valait la peine !


Après l’obtention de cette licence, j’ai essayé de trouver des postes en bibliothèque mais j'habite en Corrèze et les opportunités étaient rares…. 

Après réflexion avec mes collègues du collège, notamment le professeur documentaliste, l’idée de passer le concours du CAPES interne pour le devenir est devenue évidente : j’allais pouvoir garder le contact avec les élèves et partager ma passion des livres, tout en restant au sein de l'Education Nationale. Pour cela, j’ai donc repris le chemin de l’université pour suivre un DU documentation scolaire, grâce à l’obtention d’un congé de formation. Grâce à ma volonté et à beaucoup de travail, j’ai réussi les écrits mais hélas, suite à la crise du covid, les oraux ont été annulés et mon classement n’a pas suffi pour être admise.


J’ai trouvé cela profondément injuste de ne pouvoir défendre mes chances jusqu'au bout mais que faire face à cette situation exceptionnelle pour tous ? 



Ce que j'ai fait ensuite ? Comment vient le déclic ?


Je retourne à mon ancien travail, décidée à repasser le concours et redeviens aide de laboratoire.

Hélas, je ne me sens plus du tout à ma place, je me rends compte que je suis devenue autre....

C'est le trou noir et je ne peux supporter cette situation, il faut que cela change et déçue de ce monde professionnel, je me dis qu’il faut que je prenne une décision radicale : quitter ce poste ! Mais pour quoi faire à la place ? 


Et c’est à ce moment que le rêve inassouvi de devenir libraire m’est revenu de plein fouet ! 

A plusieurs reprises, j’avais raté des opportunités de rachat de librairie ou de poste de libraire soit par ignorance de leur existence proche de chez moi ou soit par manque de courage.


Mais cette fois-ci serait la bonne, c’était mon rêve et je ne voulais avoir aucun regret !


Donc, je me suis dit que j'allais enfin étudier réellement le projet de créer ou reprendre une librairie dans ma ville et, au moins, je saurais si cela serait possible ou non financièrement et matériellement.


Finalement, après différentes rencontres avec les institutions et la CCI, je me rends compte que ce projet est tout à fait viable et que c'est totalement dans mes cordes !

Je me mets à étudier le projet plus en profondeur, pour le faire aboutir.



Quelle est la réaction de ma famille ?


Ma famille et mes amis ne sont pas surpris par cette décision car ils connaissaient tous mon rêve.

Il était important pour moi que leurs soutiens soient indéfectibles car mon changement de vie professionnelle aurait forcément un impact sur ma vie personnelle également. Mon mari et mes deux grands enfants me soutiennent et sont acteurs dans la réalisation de ce projet.

La famille est aussi impliquée et, d’un projet personnel, cette librairie est devenue un projet familial où chacun va mettre un peu du sien !



Et là comment je me décide à prendre le risque ?


Tout à fait ! Forte de ce soutien, je décide de demander une rupture conventionnelle avec l’Education Nationale, c'est-à-dire que je n’aurai plus le statut de fonctionnaire et ne pourrai pas revenir y travailler, avant une certaine période.

Pourquoi ne pas avoir choisi la disponibilité, plus rassurante car le statut est conservé pendant un certain nombre d'années ? Plusieurs raisons à cela : ce métier ne me correspondait plus; je n’avais aucune inquiétude sur ma capacité à retrouver un travail si le projet n’aboutissait pas et j’avais besoin de l’indemnité de rupture qui me servirait d’apport personnel par la suite. 



Comment se former pour être libraire ?


Alors, tu as le choix entre plusieurs types de formation. On commence avec la formation classique si tu te décides à devenir libraire.

Pour cela, il y a le CAP métier du livre. Il y a aussi le BP libraire, le brevet professionnel si tu préfères des études courtes.

Pour le BP, tu es formé à la vente, en alternance et tu n'as pas du tout l'apprentissage de la gestion d'une entreprise.

Après si tu veux aller à l'université, tu as le BUT métier du livre, c'est le nouveau nom donné au DUT.

Tu peux ensuite poursuivre avec une licence et un master spécialisés en métiers du livre.


Maintenant, si tu envisages une reconversion, je ne suis pas sûre que tu aies réellement envie de passer 5 ans à te former :-)

J'ai choisi une formation courte sur 3 semaines. Il existe deux organismes : l'Ecole de la Librairie et Book Conseil.

Je suis passée par Book Conseil. Les intervenants sont des professionnels. La formation est hyper pratique. Les conseils te permettent de démarrer ta librairie.

On a vraiment les bases sur tout le métier. Pour moi, cette formation est essentielle.

Et d'ailleurs, elle est obligatoire si tu cherches des subventions pour ta librairie. C'est le minimum requis.


Après, pour apprendre le métier, rien ne vaut les stages. Je te conseille de faire plusieurs stages.

J'en ai réalisé deux et j'ai ensuite participé en tant que libraire sur des stands de grands salons du livre ou à l’organisation d’un festival en littérature jeunesse.


Par la suite, pour la création d’entreprise, j'ai été suivie par la chambre de commerce et d’industrie.


Comment démarrer ?


D’abord, et c’est primordial, il faut trouver le local idéal.

Ensuite, réfléchir au projet afin qu’il soit en adéquation avec ce que l’on veut. Dans mon cas, je vais ouvrir une librairie café car je souhaite que ce soit un lieu convivial, où les gens n'ont pas peur de pousser la porte et se sentent à l’aise (souvent, la librairie est considérée comme un endroit trop élitiste, je veux qu'il y ait tous les niveaux et les choix de lecture).

Enfin, trouver les financements !



Et quels sont les inconvénients ?


Dans mon cas, le principal inconvénient va être le changement au niveau de ma vie personnelle. Avant, je bénéficiais des week-ends et des vacances scolaires et j’étais donc disponible pour ma famille proche et éloignée géographiquement. Désormais, ce sera un autre type de fonctionnement et il nous faudra trouver des solutions pour passer du temps en famille différemment.


Ensuite, la deuxième est la perte de salaire par rapport au précédent. Certes, je vais bénéficier de l'aide au retour à l’emploi pendant quelques mois mais mon salaire va dépendre du chiffre d’affaires que je réaliserai et de la capacité de l'entreprise à me verser un salaire. Rien n’est acquis surtout quand on démarre une activité.



Justement, parlons salaire et investissement.


Tout dépend de la taille du projet bien sûr et de la ville dans laquelle on s’installe. 

Dans mon cas, mon budget est de 60 000 euros pour démarrer, composés de mon apport personnel, d’un prêt d’honneur et d’un prêt classique. Ensuite, peuvent s’ajouter des subventions venant de différentes institutions (commune, région, institutions du livre comme le CNL ou autres), qui viendront consolider la trésorerie. 


Le secteur économique de la librairie est le moins rentable des commerces de détail avec une marge très petite…En effet, le prix du livre est le même partout en France, ce qui est une chance par certains côtés mais les remises accordées sur le prix d'achat ne sont pas toujours à la hauteur de ce qu’il faudrait pour assurer une marge correcte. Il est donc intéressant de proposer des produits autres en ventes additionnelles pour l’améliorer (d’où l’idée également de la partie café).



Le bilan de ta reconversion de libraire ?


Après bien des péripéties, j'ouvre ma librairie d'ici quelques semaines. Aucun regret jusqu’à présent, même si la création n’est pas un long fleuve tranquille, loin de là !

Ce n’est pas facile de se lancer mais quand on sent que l’on peut changer le cours des choses, que le moment est enfin arrivé pour s’épanouir et bien, il faut se faire confiance et sauter le pas !


Le seul risque est de réussir !


Aussi, si je peux aider en échangeant sur cette expérience récente de reconversion professionnelle et de saut dans l’inconnu, j’en serai ravie !


Pour aller plus loin...

Myriam t’a partagé son expérience. Elle t’a donné des informations pratiques.

Tu peux encore avoir d’autres interrogations plus personnelles.

C’est normal, te lancer dans ton projet, c’est prendre des risques.

Et Myriam peut t'aider.

Via notre site Tinallagi, elle te propose une session de mentoring individuelle d'une heure pour que tu lui poses toutes tes questions.

photo mentor Myriam.mentor
Vit à Ussel

Avant

J'étais aide de laboratoire au collège. J'avais un poste au sein de l'Education Nationale.

Situation

J'ai 49 ans. Je vis en couple et nous avons 2 enfants.
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